PLAT DU JOUR //DISH OF THE DAY

Jeudi 28 février 2008
J'ai longtemps vogue perdue au milieu de vents contraires...emportee comme la feuille en automne qui depassee par les evenements se sent seulement poussee par les bourrasques et jetee la ou le sort a cru bon de la laisser tomber...
C'etait vrai jusqu'a maintenant...et puis un jour, a force de patience, a force d'avoir observe sa vie en retrait, un peu comme on regarderait un peintre poser des touches de couleurs sur une toile blanche avec son pinceau, on commence a voir un paysage apparaitre. Bien sur, je n'ai encore aucune idee de ce que sera mon tableau au final, mais je regarde le peintre faire, et pour la premiere fois, je vois autre chose qu'un barbouillage abstrait. Je peux meme distinguer des points cardinaux, mes points...sur ma rose des vents. Desormais, meme si je ne peux controler ni le vent, ni la tempete, je sais ou ils me portent...
Ma rose des vents est comme toutes les roses: elle a un Nord, un Sud, un Est et un Ouest...mais elle est a moi, et moi seule peut la comprendre.
Les boussoles montrent le nord, la mienne pointe vers l'Ouest...loin...tres loin. Un Ouest que je n'aime pas, parce qu'hors de portee. C'est mon point de repere, mon port d'attache, l'endroit ou je voudrais courrir quand je cherche a m'abriter de ma tempete. C'est mon tout, mon mirroir, mon ame...
Vient ensuite l'Est, un Est un peu particulier, puisque mon Est est a mon Ouest...vous etes perdu? Ce n'est pas grave...c'est MA rose des vents, pas la votre...votre boussole montre sans doute une autre direction, de toute facon. Mon Est, c'est un morceau de mon ame aussi. C'est le phare qui me rappelle que meme perdue en pleine mer demontee, je ne suis pas seule. C'est la lumiere qui eclaire des coins encore sombres de mon coeur et qui pose les mots - toujours juste - sur ce qu'elle y voit. C'est mon Est, mon point de repere, le point cardinal qui me rappelle qui je suis.
Au Sud, il y a un monde de sourires. C'est la chaleur, la generosite. On dit que le Sud est accueillant, c'est vrai. C'est le point qui fait qu'on ne se sent jamais perdu. C'est aussi la partie de ma rose des vents qui m'a montre l'Est, c'est le trait qui reunit les pointilles sur le papier pour en faire un beau dessin. On dit que le soleil se leve a l'Est, c'est peut etre vrai, mais moi je vous le dit, il brille au Sud, et sa chaleur rayonne sur toute la carte...
Reste le Nord...j'ai du mal a dire ce qui s'y cache, je n'ai pas encore trouve...je pense que mon Nord est encore cache dans la brume. C'est peut etre un coin de bruyere foule jadis par Kathy et Heathcliff, peut etre qu'il s'y cache un chateau rien que pour moi au milieu des collines...peut etre pas...Je sais qu'un jour, ma boussole vascillera vers ce Nord, mais je ne sais pas encore si je la suivrai...Il n'y aura peut etre pas de place pour moi dans le bateau, mais au moins, je sais qu'avec ma rose des vents, je retrouverai ma route, petite feuille que je suis...
par Face cachee publié dans : MAINTENANT communauté : Racontez-le moi !
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Mercredi 27 février 2008
Ma mere rentra de l'hopital environ deux semaines apres l'accouchement. Sans petit frere. J'etais donc punie, c'etait tres clair...mais de quoi donc? J'avais pourtant ete sage, moi...mon singe en peluche s'en souvient sans doute, parce que j'en ai passe des heures a lui en parler...
La seule chose qu'on m'eut dite a l'epoque, c'est que je devais etre tres sage et ne pas embeter maman avec des questions...ah, et puis il fallait aussi rester avec elle, pendant la journee, parce qu'elle pouvait faire des betises. Bon, qu'a cela ne tienne, puisque j'etais sensee devenir une grande soeur tot ou tard, je pouvais bien aussi "garder" ma maman...
C'est vrai qu'elle etait un peu bizarre, ca je m'en rappelle bien...elle ne faisait pas les choses comme d'habitude et surtout, elle mettait les objets courants dans des endroits inattendus. Je me souviens avoir sorti le sucrier du frigo des dizaines de fois. Un sucrier ordinaire, en plastique bleu roi...Ca m'avait beaucoup fait rire, la premiere fois..et puis je me suis habituee. 
Par contre, je ne me suis jamais habituee a ce que j'ai entendu un apres midi de janvier. Je me rappelle que j'etais couchee et que ma mere est venu s'asseoir au bord du lit. Elle avait l'air bizarre. Et puis elle a respire un bon coup, comme quand on doit plonger dans le grand bassin et qu'on hesite entre la peur de manquer d'air et la peur de sauter a l'eau...et puis elle a plonge...et c'est moi qui me suis noyee.
Je n'aurais pas de petit frere. De petits freres, car il y en avait bien deux, mais le premier etant plus faible, il n'avait vecu que quelques heures... Avant d'aller rejoindre les anges, il avait tout de meme - a sa facon - fait comprendre aux medecins que quelque chose de grave se passait. On a donc emmene mon deuxieme petit frere dans un hopital specialise ou le verdict sans appel tomba comme un couperet: il ne vivrait pas. Le medecin avait prevenu que dans le "meilleur" des cas, il pourrait survivre un ou peut etre meme deux mois, mais que de toute facon, ce n'etait que reculer une echeance fatale. C'est peut etre parce qu'il a compris que mon petit frere a juge mieux de partir plus tot, avant que des liens ne se creent...il est parti rejoindre son jumeau cinq jours apres...
Je ne les ai jamais vus, personne n'a cru bon de m'emmener a l'enterrement... et trente cinq ans apres, je suis toujours la a me demander pourquoi on m'avait fait croire aux miracles
. Rien n'est jamais acquis...et rien ne comblera jamais ce vide. 
C'est drole, quand on y pense, je ne peux jamais repenser a cette epoque, a ces moments douloureux, sans repenser a ce sucrier bleu...a vrai dire, apres ce jour de janvier, je ne sais pas du tout ce qu'il est devenu...il a du etre perdu a un moment ou a un autre...comme mon enfance...
par Face cachee publié dans : AVANT communauté : trop dure la vie....
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Lundi 25 février 2008
Ah ca, je dois dire que lors de la visite prenatale ou j'avais acompagne ma mere en cette annee 1977, j'avais eu la surprise de ma vie...Imaginez-vous un peu: d'abord on vous dit et vous repete qu'il n'y a aucune chance, que le petit frere ou la petite soeur, ce n'est pas pour vous, puis du jour au lendemain, on vous dit que finalement, si, vous allez l'avoir ce bout de chou que vous adorez deja...et puis il y a cette fameuse echographie (le mot me faisait un peu peur, mais on m'a explique que c'etait un peu comme un appareil photo qui permettait de voir a l'interieur des gens et finalement, l'idee m'avait enchantee) ou le medecin vous annonce de but en blanc: 
"vous savez, il y en a au moins deux...mais a mon avis, c'est tout a fait possible qu'un petit troisieme se cache derriere.."
Dire qu'une bombe atomique m'etait tombee dessus serait minimiser l'effet de cette phrase...j'etais tout bonnement aux anges: non seulement j'allais avoir une petit frere ou une petite soeur, mais en plus il y avait un "invite surprise"...je ne me rappelle plus du chemin du retour...j'etais sur mon petit nuage rose...ou bleu, puisque je ne savais pas si ce seraient des filles ou des garcons, mais une chose etait sure: j'allais etre promue au rang de grande soeur et je prenais ca TRES au serieux.
La grossesse ne fut pas des plus gies, vu que pendant les deux derniers mois, ma mere fut contrainte de rester a l'hopital et que de ce fait, je suis restee chez mes grands parents. 
La, c'etait un peu un autre monde qui m'attendait: je ne savais rien, ma grand-mere etant tout a fait hermetique au fait que j'etais une petite personne avec son caractere et son raisonnement: pour elle, il y avait les "affaires de grandes personnes" sur lesquelles je n'avait aucun droit de regard un point c'est tout.
Les deux derniers mois furent donc plutot penible, puis que je ne savais trop ce qui se passait...meme lors des visites a l'hopital, impossible de savoir quoi que ce soit.
Et puis il y eu le 14 decembre...un jour comme les autres, du moins c'est ce que je pensais: j'avais bien remarque toutes les messes basses et les regards bizarres dans ma direction, mais avec la periode des fetes qui approchait, je ne voyais la que des cachoteries liees aux cadeaux...je crois que c'etait mon dernier vrai moment de naivete.
La chute fut dure...tres dure. Ma grand mere m'annonca sans menagement que ca y etait, que j'etais grande soeur. Ma premiere reaction fut de demander si c'etaient des filles ou des garcons, elle me repondit seulement que les medecins s'etaient trompes et qu'il n'y avait qu'un petit garcon.
J'etais decue, bien sur, mais je me disais qu'apres tout, c'est ce qui etait prevu au depart et que le medecin avait pu se tromper.
Le temps me parut alors long...incroyablement long...j'attendais...je comptais les jours, je posais des questions, mais on me repondais seulement que ma mere reviendrait bientot, mais que apres une operation, on restait toujours un certain temps a l'hopital.
Et puis un jour, on me dit que ca y est, maman sortait...maman oui, mais c'etait quand meme curieux que personne ne parle de mon petit frere...j'etais donc la seule a l'attendre?...
par Face cachee publié dans : AVANT communauté : BESOIN DE RECONFORT
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Lundi 25 février 2008
Je n'ai pas pu mettre d'article en ligne suite a un petit soucis de connection et d'ordinateur...ca va s'arranger vite, mais pour l'instant, je fais ce que je peux pour combler le vide. 
Quand aux commentaires, he bien si over-blog veut bien me laisser y repondre, je le ferai avec joie, mais pour l'instant, pas moyen: pas de curseur qui s'affiche dans la case...
par Face cachee publié dans : Messages aux lecteurs communauté : BESOIN DE RECONFORT
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Mercredi 20 février 2008
Au depart, les choses sont plutot claires, pourtant: quand vous entrez en maternelle  et que vous voyez vos copains et copines annoncer les uns apres les autres qu'il s vont avoir un petit frere ou une petite soeur, vous commencez a vous poser des questions...Bon, il faut etre honnete: jusqu'a present, vous n'aviez pas remarque que vous etiez fille unique, que vous etiez toujours entouree d'adultes. Ca ne vous genait pas du tout...et puis, il faut bien l'avouer, on vous traitait a peu pres comme telle, on ne vous  parlait pas avec cet air gateux que les adultes prennent la plupart du temps devant les enfants. Il faut dire que vous etes plutot en avance sur les enfants de votre age...ce qui n'a pas que des bons cotes, puisque quand vous etes un peu trop mure pour vos 5 ans, vous avez la facheuse tendance a comprendre un peu trop de choses autour de vous...mais bon, ca ne vous parait pas etre une chose bizarre, puisque vous n'avez pas de point de repere.
A chaque fois que vous abordez le sujet de la petite soeur ou du petit frere (non non, pas dans les choux ou les roses, merci, je savais deja qu'il fallait un papa et une maman et que c'etait la maman qui portait le bebe pendant neuf mois avant que le docteur ne le fasse sortir par je ne sais quel procede) on vous explique gentiment que quand vous etes nee, les docteurs ont dit que c'etait "casse" et que vous seriez enfant unique...A force, on se fait une raison. Et puis un jour, on vous dit que finalement, les medecins se sont trompes, puisque vous allez avoir un petit frere ou une petite soeur....
par Face cachee publié dans : AVANT communauté : BESOIN DE RECONFORT
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Mardi 19 février 2008

Quand j'ai lache  la bombe qui allait detuire notre amitie, IL a eu une reaction plutot surprenante: il m'a contacte, m'a dit que j'avais sans doute fait une erreur en lui envoyant ce message, parce que ce n'etait pas possible que je sois aussi mechante envers lui. Je n'etais pas mechante, au contraire...mais encore aurait-il fallut qu'il se  mette a ma place pour le savoir.  Mais il ne l'a pas fait. Je lui ai donc repondu que je n'avais commis aucune erreur, que chaque mot etait pese, pense, et que si je ne me trompe, c'etait les mots exacts qu'il m'avait prononces au cours des dernieres semaines.

Le silence qui suivit fut tout simplement assourdissant. Puis vint le retour de flamme. Comme dans les incendies ou le feu recule d'abord pour ensuite attaquer de plus belle avec une force decuplee: il me dit simplement qu'il ne pouvait pas croire que je lui veuille autant de mal, qu'il ne comprenait pas, que je lui avais gache la journee et qu'il avait mal a un point qu'il ne pouvait me l'expliquer par des mots.
Je lui ai ecrit un long message, lui expliquant que la derniere chose que je souhaitais etait de le blesser, que peut etre, un jour, il comprendrait que je n'avais voulu que  lui epargner d'avoir mal. Je lui ai dit aussi ce qu'il representait a mes yeux,  ou plutot j'ai essaye de lui faire comprendre, parce que je ne connais aucun mot qui puisse decrire la place qu'il tient dans ma vie...Peine perdue...La seule chose qu'il a retenu de ce message, de cet appel, c'est que je ne lui avais pas demande pardon...Ce fut  la derniere phrase qu'il m'ait adressee. Ma reponse ne lui laissa pourtant aucun doute: je lui ai simplement dit que s'il avait vu les larmes qui me troublaient la vue au moment ou j'ecrivais, il n'aurait eu besoin d'aucun mot.

Depuis, c'est le desert, un desert glace, un silence qui me rend folle...une attente aussi inutile qu'inevitable. Je sais qu'il ne reviendra pas.  Je sais  que j'ai tout gache. Je sais que je ne me le pardonnerai jamais. Je le sais parce que j'ai vecu des evenements beaucoup moins grave dans ma vie ou j'ai manque de presence d'esprit et qui reviennent encore me hanter parce que je  m'entends encore penser "si j'avais su..." Pourtant, ce ne sont que des faits sans importance. Des broutilles comparees a l'enfer dans lequel je me trouve maintenant.

J'ai tout mise sur une carte. Maintenant, il faut essayer de vivre avec le souvenir de ce que j'ai perdu. Hier, un ami me disait que je ne devrais pas etre aussi severe avec moi-meme, parce que j'avais pris la bonne decision. Peut etre, mais alors pourquoi ca fait si  mal? Les bonnes actions, si je ne me trompe, sont sensees etre recompensees...il doit donc y avoir une raison a tout cela...mais laquelle?

Peut etre qu'au moment ou il a repondu a mon premier message il fallait lui dire que je m'etais trompee? Peut etre. Je ne le saurais jamais...j'ai dit que c'etait mon dernier mot sans utiliser de joker...

par Face cachee publié dans : MAINTENANT communauté : BESOIN DE RECONFORT
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Lundi 18 février 2008
Il y a des choses qu'on ne devrait jamais faire. Des choses tout a fait innocentes au premier abord mais qui pourtant changent a jamais le cours de votre existance. Vous le savez...ou plutot vous le devinez, mais vous plongez, comme happee par le precipice parce que vous vous etes penchee un peu trop pres du gouffre...

Mon gouffre a moi etait trop tentant. J'ai plonge tete baissee, comme d'habitude. j'ai trop eu de choses a cacher toute ma vie pour encore tricher quand il s'agit de sentiments, quand il s'agit d'une personne sinon de la personne la plus chere a mon coeur. A moi maintenant de vivre avec mes remors, mes regrets, ma conscience, mes cauchemards. Je suis condamnee. Pour la bonne cause...mais ne dit-on pas que l'enfer est pave de bonnes intentions? J'en suis la preuve vivante.
J'ai mis trente-cinq ans a trouver la seule personne au monde qui comprendrait mon ame. Mon miroir parfait. La seule personne a qui je pouvait tout dire...ou plutot celle a qui je n'avait plus besoin de rien dire, puisqu'il savait tout de moi...C'est pratiquement impossible de se retrouver a travers quelqu'un. Pratiquement. Pourtant, le hasard a fait que nous nous sommes croises. Je les entends deja, les mauvaises langues qui pensent que l'amitie entre un homme et une femme ne peut exister. Qu'ils jacassent, qu'ils me jettent la pierre, je m'en fiche. Je sais ce qui faisait que j'avais envie de me lever le matin, ce qui faisait que l'air ne me manquait plus. J'avais trouve le soleil apres tant d'annees de froid dans une nuit polaire.
Qu'importe si mon soleil etait loin, tres loin, meme, je le savais la, tout pres, de facon indicible. Je le portait en moi desormais et ma vie avait enfin trouve ses couleurs...
C'etait sans compter sans mon instinct...sans ma nature...sans cette chose en moi qui  me pousse toujours a  prendre la mauvaise decision...
De la meme facon qu'il savait tout de moi, je savais tout de lui. De toute facon, meme quand nous ne parlions pas, nous savions tout, rien qu'a voir l'aurtre respirer, se poser la tete dans la main, se figer perdu dans ses pensees, cela ne s'explique pas a quelqu'un qui ne l'a jamais vecu...personne ne peut comprendre... Et puis il y avait les mots, ces mots echanges. ces secrets, ces craintes, ces douleurs...tous ces mots...ses mots, mes mots.
Il y a deux facons d'etre l'ami(e) de quelqu'un...vous pouvez etre l'ami(e) qui dira invariablement ce que l'autre VEUT entendre...et il y a l'autre, qui dans son reve de loyaute absolue, vous dira ce que vous DEVEZ entendre...J'ai choisi le deuxieme camp.
Il avait tant eu besoin de reconfort, d'une oreille qui savait l'ecouter pendant ces dernieres semaines...de quelqu'un qui ecoutait ses peines de coeur, ses coleres contre la femme qu'il aimait mais qui le traitait si mal...et j'avais ete la, toujours, jour et nuit...m'efforcant de le soutenir a bout de bras quand il etait au plus mal, comme il le faisait avec moi, d'ailleurs...
Et puis un jour, la St Valentin aidant, dans une over-dose de petits coeurs trop sucres et de parfums de roses ennivrants, il vient etaler son bonheur a mes pieds, me disant que finalement, il s'etait peut etre trompe, que la femme de sa vie avait montre beaucoup de douceur ce jour la...
Je n'ai vu que du rouge...le rouge des roses, le rouges des cartes de voeux, celui des decorations des vitrines des magasins...ce rouge ecoeurant qui me disait que je ne pouvais pas le laisser dans ses illusions, que si je ne faisais rien, sa chute, au moment ou il se rendrait compte que ce n'etait que comedie ne serait que plus douloureuse, puisqu'il etait perche maintenant, sur un petit nuage rose... Alors j'ai commis l'irreparable.
Oh, bien sur, j'aurais pu lui dire tout simplement ce que j'avais en tete: qu'il attende que le temps fasse ses preuves, que la St Valentin n'avait lieu qu'une fois par an, mais que la solidite d'un couple se jugeait a la longue, pour le meilleur et pour le pire, jour apres jour...Mais je n'aurais pas ete moi...alors j'ai frappe la ou ca faisait le plus mal, pour etre sure qu'il comprenne bien le message...pour qu'il sache, aussi, qu'il n'y a qu'une personne au monde  a mes yeux qui meritait que je lui dise la verite...a tout prix. J'ai utilise SES mots...je lui ai servi en une seule petite phrase ce qu'il m'avait dit quelques jours plus tot...quand il n'avait pas encore ses lunettes roses qui l'empechaient si bien de voir la situation en face...
C'est fini. Cette petite phrase, ces quelques mots, SES mots, ont tout change. J'ai declenche la tempete qui a tout balaye sur son passage. Je ne suis plus qu'un paysage apres le deluge, des planches arrachees qui flottent dans une eau glacee, plus de toit pour me proteger, plus de feu pour me rechauffer, plus de carapace...il a tout emporte. Il ne me reste plus que ces mots, les miens, pour essayer de decrire le mal qui me ronge, le froid qui me glace les veines...
J'attends que la tempete se calme, mais que trouverais-je apres son passage? Le soleil reviendra-t'il me rechauffer? Et sa tempete a lui? Je sais bien que le calme revenu, il aura besoin de moi...je l'attends, mais saura-t'il retrouver le chemin dans ce paysage de desolation?
En attendant, je prepare le terrain et je mets les restes de ce qui etait mon univers en mots sur ce blog, pour laisser une trace de ce qu'etait ma vie avant la tempete...
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Samedi 16 février 2008
Je ne suis pas venue au monde pour la bonne raison. On pourrait penser que j'ai ete voulue...c'est vrai. Mais ce n'etait pas moi, qu'on voulait. Mes parents se son connus au debut des annees soixante-dix. Ma mere venait de sortir d'une rupture avec son grand amour de jeunesse, mon pere, lui, collectionnait les conquetes, je pense. C'est sans doute le defi de "conquerir l'oie blanche" qui l'a interesse, quand il a connu ma mere. Quant a elle, elle devait trouver ca plutot flatteur qu'un jeune homme etranger a son village lui porte autant d'interet.
Mes grands-parents maternels ont du flairer le coup, car depuis le debut ils etaient contre cette union. Malheureusement, c'etait sans compter sans "l'ingeniosite" sans bornes de mes geniteurs qui ont alors eu la bonne idee - comme des  milliers de couples a l'epoque, je suppose - de me concevoir pour se marier. Voila ce que je suis: un pretexte. Je ne suis pas le bebe qu'on desire parce qu'on a trouve la personne avec qui on veut passer le restant de sa vie. Je ne suis que le pion d'un jeu malsain  entre les mains de deux mauvais perdants.
Je ne saurais dire exactement a quel moment les choses se sont envenimees, mais une chose est sure, en tout cas, apres avoir ete le ticket d'embarcation pour le mariage, je suis devenue, je pense, le symbole de cette chaine qui les unissait.
En tant de guerre, l'ennemi viendra bruler votre drapeau. Ici, c'est moi qui ait pris. Pendant des annees. C'est toujours le symbole qui prend, c'est une regle immuable.
Aujourd'hui, des annees apres, quand j'essaie d'aborder le sujet, je recois toujours ce regard incredule qui me dit que ce n'est pas la peine d'y revenir. Faute de les aimer, je les tolere. Ils sont la, je fais avec, je ne dis rien, c'est meme pire que ca, etant fille unique, je sais que je suis condamnee a m'occuper d'eux, les annees passant. Je le sais, je le ferai. Mais qu'on ne me demande pas de les aimer comme on devrait aimer ses parents. Ca j'en serais incapable. Je suis marquee au fer rouge, il y a des choses qu'on oublie pas. J'ai deja pris sur moi de tout cacher jusqu'a aujourd'hui, de ne laisser a personne deviner ce qui m'a pourri la vie pendant mon enfance et mon adolescence, je ne vais pas en plus jouer la fille modele. Remarquez, ca ne les prive pas, ils ne s'en rendent meme pas compte. Ils n'ont jamais remarque par exemple, que j'evitais comme la peste tout contact physique avec eux: meme un frolement de la main me retourne le coeur.
C'est tres dur de se regarder dans une glace et de faire ce constat. Et le plus terrible, ce n'est pas de repenser a tout ces moments ou je serrais les dents, mais de se hair parce qu'on est incapable d'aimer ses propres parents. C'est la culpabilite, au fond, qui vous ronge...
par Face cachee publié dans : AVANT communauté : BESOIN DE RECONFORT
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Vendredi 15 février 2008
Le jour ou je suis nee, le medecin de garde a fait une "petite erreur" qui a failli me couter la vie. On m'a sauvee de justesse, mais toute ma vie, je n'ai jamais pu m'empecher de penser que si je suis passee si pres de la "grande porte", c'est que je devais sans doute la passer, au lieu de faire mon entree ici, dans ce monde de fous ou je sens si souvent qu'il n'y a pas de place pour moi.

Je ne crois pas a grand chose, dans la vie, sauf peut etre au fait que pour chaque etre humain, il y a quelque part dans ce monde, une personne qui est l'exacte reponse a toutes ses attentes, la reponse a toutes ses questions, l'autre moitie de son ame. J'en suis persuadee et je ne cesserai d'y croire qu'a l'heure de mon dernier battement de coeur.
C'est peut etre ca qui fait qu'au fil des ans, j'en suis venue a me demander si une telle personne existait pour moi...Et si apres tout, puisque je n'etais pas sensee m'en sortir le jour de ma naissance, personne n'avait prevu (le personne en question, je vous laisse le libre choix de le nommer: pour certains, ce sera dieu, pour d'autres, le destin, a vous de juger, la n'est pas la question)de creer l'etre qui serait sense etre mon ame soeur. Je me suis peut etre retrouvee ici, sur cette terre, sans personne qui ferait jamais echo aux battements de mon coeur? Peut etre suis-je condamnee a etre seule, meme accompagnee, puisque amputee avant ma naissance de cet etre cree specialement pour moi?
Cette impression de n'appartenir a personne ne m'a jamais quittee. J'ai toujours eu ce manque, ce vide qui fait si mal. Mais plus que tout, j'ai au fond de moi cette impression si amere que quoi que je fasse, je ne manquerai jamais a personne, je ne serai jamais attendue, voulue, presque indispensable....Pourtant quelque part en moi, il y a cette petite etincelle qui s'affaiblit de jour en jour, mais qui fait encore que j'espere  et c'est peut etre ce qui me tient encore debout.
par Face cachee publié dans : AVANT communauté : BESOIN DE RECONFORT
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Jeudi 14 février 2008
On s'imagine toujours que l'herbe est plus verte chez le voisin...ce n'est pas toujours une idee fausse: prenez moi, par exemple, a premiere vue, on pourrait penser que j'ai tout pour etre heureuse: un homme qui je pense m'aime, en tout cas, c'est ce qu'il croit (difference de taille, me direz-vous...ce n'est pas faux), une petite maison avec le jardin, la barriere de bois et meme le chien, comme dans les films guimauve hollywoodiens.
Mais alors qu'est-ce qu'elle a ? Eh bien justement, je ne le savais pas jusqu'a il y a tres peu de temps....
Eve a ete chassee du paradis parce qu'elle a "su" elle aussi...l'histoire aime se repeter. Qu'elle etait bien, mon ignorance, qu'elle etait confortable!
Bon, c'est un fait, je le savais, moi, que j'etais incomplete, que ces braises, sous les cendres, ca devait bien servir a quelque chose...je le savais que quelque chose d'indicible me rongeait de l'interieur, mais je ne pensais pas qu'un petit coup de vent ranimerait tout ca, en ferait un brasier et me detruirait a petit feu...
J'etais bien, tapie au fond de mon bocal, a nager en rond, comme tout poisson qui se respecte. Ca me plaisait. Alors pourquoi ai-je ete punie de la sorte? J'avais une vie rangee, que beaucoup de femmes m'envieraient, ou peut etre que je me raconte des histoires et qu'au fond, personne ne voudrait vivre comme je l'ai fait jusqu'a maintenant, a moitie, sans le feu, sans sentir qu'on a un coeur dans la poitrine qui risque de lacher a tout moment. Peut etre qu'au fond, je ne vivais pas, peut etre que je me contentais simplement de survivre? Personne ne devrait survivre. Personne. Meme pas un petit poisson au fond de son bocal.
par Face cachee publié dans : MAINTENANT communauté : BESOIN DE RECONFORT
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  • : Arreter la tempete, c'est mon histoire, celle de quelqu'un de tres ordinaire, le genre de personne que vous croisez dans la rue sans y preter attention. Le probleme, c'est que souvent, les gens ordinaires ont des vies qui le sont un peu moins. La mienne etait plutot rangee, calme, meme, avant que n'arrive la tempete. Il y a deux sortes de tempetes: celles qui, destructrices, emportent tout sur leur passage, et les autres, benefiques, qui apportent aux terres assechees l'eau necessaire a la […]
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